Histoire et évolution

150 années d'histoire

Dans la 2de moitié du XIXe siècle, Saint-Nazaire, alors petit port comptant moins de 1000 habitants, modernise ses installations portuaires pour devenir tête de ligne du trafic postal transatlantique.
La construction du site industriel est confiée à John Scott, ingénieur écossais, alors directeur du chantier naval de Greenock. Il assure avec son équipe la formation de la main d’œuvre du chantier nazairien, qui livre en1864 l’Impératrice Eugénie, premier paquebot à roue d’une taille exceptionnelle pour l’époque.

L’histoire du chantier de Saint-Nazaire, connu sous les noms de Chantiers de l’Atlantique dès 1955 puis de Alsthom Atlantique en 1976, Aker Yards en 2006 et enfin STX Europe en 2008, est marquée par une succession de sauts technologiques, parfois dictés par un contexte mondial difficile.

1914 – 1918 Les chantiers au service de l’effort de guerre

Le chantier, impliqué dans l’effort de guerre, met en place de nouveaux modes de fonctionnement avec l’intégration du taylorisme et la diversification de la production (tubes à canons, fabrication de chars…)

Entre deux guerres : crise et prospérité

Si la période d’entre deux guerres voit se succéder des épisodes de prospérité et de crises, elle est surtout marquée par la quête du Ruban Bleu (récompense créée par les compagnies de navigation au XIXe siècle remise aux navires les plus rapides du monde sur le trajet transatlantique entre l’Angleterre et l’Amérique du Nord). Véritable défi pour l’industrie qui produit des navires où luxe et technologie sont les maîtres-mot. Fleuron de cette tendance et détenteur de la précieuse récompense, le Normandie, lancé en octobre 1932 permet au chantier de se doter d’une cale inclinée. Sa politique de modernisation et d’innovation porte ses fruits avec les constructions à sec dans la forme Jean Bart et l’établissement d’un bassin des carènes permettant de réaliser d’énormes progrès en termes d’hydrodynamisme.

1939 – 1945 : Saint-Nazaire dans la tourmente

Pendant la seconde guerre mondiale, les frappes intensives des Alliés visant la base sous-marine allemande à Saint-Nazaire provoquent la destruction des infrastructures industrielles à 45 %.
A l’issu de la guerre, l’état français finance une grande partie de la reconstruction du tissu industriel. Ce nouveau souffle permet la modernisation du chantier qui doit faire face aux commandes des pouvoirs publics pour la reconstruction de la flotte civile mais aussi commerciale.

Dès les années 50 : restructurations et mutations sont au programme

Dès le début des années 50, les commandes des pouvoirs publics cessent. Parallèlement, une nouvelle donne économique se dessine avec l’internationalisation du marché. Les chantiers français apparaissent comme peu compétitifs face aux nouveaux centres de construction. Une réorganisation de la construction navale devient alors indispensable avec pour mots d’ordre : compétitivité, production en série pour les navires de charge et intégration de nouvelles techniques pour réduire les temps de construction.
En 1955, l’activité des chantiers est de nouveau florissante, avec notamment la construction de paquebots, paquebots mixtes, cargos et pétroliers.
Dès 1956, c’est la construction du France qui occupe le devant de la scène. Ce navire d’exception, construit sans la cale du Normandie, aura nécessité 62 mois de travail. Il sera inauguré en 1960 par le Général de Gaulle.

Au début des années 60

La construction navale est confrontée à une situation nouvelle où on assiste à la disparition des commandes de paquebots et de navires militaires, alors que les pétroliers et méthaniers, nouveaux navires gigantesques font leur apparition sur le marché. Parallèlement, la concurrence internationale se fait plus forte notamment avec le Japon qui prend une place prépondérante.
À Saint-Nazaire, d’importants plans d’investissements structurels permettent, grâce à une meilleure utilisation de l’espace, de mener à bien la construction de plusieurs navires en même temps, inaugurant l’ère de la préfabrication.
La forme de montage se dote d’une forme profonde. L’automatisation des services est également en marche avec les premières machines à commande numérique, les tables traçantes et la mise en place de l’ordonnancement.

Dans les années 70

La fermeture du Canal de Suez rend nécessaire la construction de pétroliers géants. Le bassin d’armement à flots capable d’accueillir des pétroliers d’1 million de tonnes permet au chantier de Saint-Nazaire de livrer à la compagnie Shell, entre 1976 et 1979, les quatre plus grands pétroliers du monde (Batillus, Prairial, Bellamya, Pierre Guillaumat). Dans un contexte économique difficile, la direction du chantier nazairien prépare son entrée en bourse (juin 1974) et œuvre pour la création de partenariats industriels, organisés selon le modèle japonais. En octobre 1976, soit deux mois après le début des négociations, la fusion entre les Chantiers de l’Atlantique et Alsthom est effective, donnant naissance au groupe Alsthom Atlantique.

Les années 80 : le retour des paquebots

Le retour est amorcé en 1980 avec la commande de deux petits paquebots de 600 cabines pour Holland America Line, le Noordam et le Nieuw Amsterdam.
Le grand virage est amorcé en 1985 avec la signature de la commande du Sovereign of the Seas pour Royal Caribbean Cruise Line. Ce contrat représente un véritable défi avec un temps de construction record pour l’époque (29 mois). Avec une livraison parfaitement maîtrisée, le message est clair : Saint-Nazaire est de retour sur le marché des paquebots.
Parallèlement, le chantier nazairien, signe en 1991 une spectaculaire commande de 5 méthaniers pour le groupe malaisien Petronas, dont les livraisons s’échelonneront de juillet 1994 à juillet 1997.

Les années 2000 : le temps de la diversification

Le chantier de Saint-Nazaire poursuit son offensive sur le marché des paquebots. Il signe ainsi des commandes avec les plus grands armateurs au monde. Le 6 novembre 2000, il est de nouveau projeté sous les feux de l’actualité avec la signature du mythique Queen Mary 2 pour la Cunard Line. Le chantier, qui renoue avec la construction de transatlantiques à l’origine de sa création, livre avec succès le navire en décembre 2003.
En 2006, le finlandais New Aker Finyards et Alstom décident de joindre leurs forces pour créer Aker Yards, nouveau géant de la construction navale mondiale. En 2008, c’est le groupe sud coréen STX Business Group qui devient actionnaire, donnant naissance à STX Europe.
De son côté, le chantier français poursuit son activité sur le marché des navires complexes (navires à passagers et navires militaires) tout en se lançant sur les marchés de l'offshore. Il propose également des solutions techniques pour des navires spécialisés.